Cornas : une grande signature du Rhône

 
Cornas et toqués d’Ardèche en reportage

Dans la Vallée du Rhône au niveau de Valence, les amateurs de grands vins ne sont jamais déçus. Le tourisme oenologique va bon train autour des villages et appellations qui fleurent bon l’excellence : Saint-Joseph, Saint-Péray, Hermitage, Croze-Hermitage, Côte-Rôtie et quelques autres. Gardons-nous d’oublier Cornas dont le vignoble s’accroche sur un peu plus de 130 hectares de pentes escarpées. La famille Colombo y fait rayonner l’appellation par sa recherche permanente de qualité et l’énergie qu’elle déploie pour faire connaitre la production régionale.
 Les Toqués goûtent un nouveau millésime de Cornas
Cornas, c’est le fin du fin, si l’on en croit John Livingstone-Learmonth, l’auteur de « The wines of the Northern Rhône » et expert en dégustation mondialement reconnu. Dans un de ses écrits et en quelques phrases, il assoit pour longtemps la réputation du nectar. Voici comment : « Si jamais vous vous trouvez dans une situation délicate, allez chercher une bouteille de Cornas. Cela va vous revigorer, vous nourrir de sa fusion rocheuse et florale et vous rappeler le lien inestimable entre l’humanité et la nature. Chapeau aux hommes et femmes acharnés qui grimpent sur le coteau chaque jour afin de nous offrir un tel plaisir mystique ».

La boutique de la famille Colombo

Cornas fiche signalétique :
* un climat fondateur : une pointe de Méditerranée dans le Rhône septentrional,
* des coteaux ardéchois face au fleuve, orientés sud-est,
* un sol de granites décomposés, lieu de vie des chênes verts et genévriers,
* 131 hectares en production entre 125 et 400 mètres d’altitude, sur la commune de Cornas,
* une seule couleur : rouge,
* cépage unique : la Syrah,
* forte densité de plantation, conduite sur échalas ou palissage plan relevé, récolte manuelle,
* une cinquantaine de vignerons.

Mâchon dans le vignoble

C’est sur ce territoire de rêve que le jeune couple Colombo s’installe dans les années 80. De leur maison posée sur un point haut, avec vue admirable sur la vallée du fleuve, Jean-Luc et Anne surveillent leurs parcelles et travaillent ardemment. Cuisiniers, oenologues, viticulteurs, passeurs d’énergie, leurs qualités sont nombreuses et leur fille Laure n’échappe pas à cette influence. Après une école de commerce, elle revoit son parcours et reprend les études du vignoble et du vin, en ajoutant un volet de « globe-trotteuse » dont une année en Inde pour élargir ses connaissances à l’international. Au delà de leurs différentes appellations dans les Cornas que sont les Méjeans, les Terres Brûlées, les Ruchets, la Louvée, et le top du top le Vallon de l’Aigle, les Colombo produisent et commercialisent Côtes-du-Rhône, Cairanne, Hermitage, Saint-Péray, Condrieu et l’incontournable Côte-Rôtie, dont le nom respire l’ensoleillement et la puissance.
On peut contacter la maison Colombo pour leurs ateliers de dégustation et les événements qu’ils organisent avec une association de jeunes chefs ardéchois « Les Toqués d’Ardèche ». On y parle de vins élégants, complexes et puissants, d’arômes de réglisse, de cassis, de violette et de poivre aussi !
Onze chefs ‘toqués’ auxquels se sont joints Jean Luc, Anne et Laure Colombo
L’association des Toqués est née en juillet 2013 avec sept membres fondateurs répartis sur différents points de l’Ardèche dans un souci d’entraide et de valorisation de leur métier à travers la recherche des meilleurs produits locaux. Quatre nouveaux chefs les ont rejoints le 1er février dernier chez les Colombo en présence de la presse et avec l’aide de l’Agence de Développement Touristique de l’Ardèche. Ces onze chefs sont tous Maîtres-Restaurateurs, titre délivré par l’Etat. Ce qui signifie qu’ils sont au quotidien derrière leur piano à préparer du fait-maison avec des produits frais. Ce qui implique des circuits courts, souvent ardéchois, pour leurs approvisionnements auprès des agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, arboriculteurs et tout naturellement viticulteurs.
On peut donc bâtir un itinéraire gastronomique pour une prochaine échappée touristique dans ce département où l’emprise du temps est moins pressante qu’ailleurs.

Ce cèdre a plus de 250 ans

En arrivant par la gare TGV de Valence, il est facile de faire étape à l’hôtel-restaurant Le Cèdre de Soyons, où un cèdre multicentenaire occupe le coeur du jardin. La ViaRhôna passe à sa porte, itinéraire pour cyclistes qui longe le fleuve. Charlotte et Antoine Freulet les propriétaires réservent aux amateurs de deux roues le meilleur accueil. On aura ensuite l’embarras du choix pour aller à la rencontre des Toqués sans crainte car la plupart du temps le prix des menus ne met pas la carte bancaire à rude épreuve. Les services de l’Ardèche-guide sont là pour vous orienter vers les temples du bien-manger où les restaurants typiques et chaleureux sont associés à des villages aux noms plein de grâce : Ozon, Saint-Agrève, Charmes-sur-Rhône, Sagnes-et-Goudoulet et enfin La Béage pour rencontrer Céline Vernet, la seule femme de ce groupe de fins cuisiniers !

Laure Colombo

Carnet de bonnes adresses

Céline Vernet, seule femme chef des Toqués d’Ardèche

Et pour aller plus loin, lire « Les toqués d’Ardèche », aux Editions SudOuest en 2015, livre présentant 35 recettes pour révéler les qualités des produits phares de l’Ardèche : la châtaigne AOP, le Chatus (vin rouge cévenol perdu et retrouvé), le Boeuf Fin Gras du Mézenc AOC, le Picodon AOP, la pomme de terre de montagne Gerzenc, la truffe et la truite.
www.drinkrhone.com : pour découvrir John Livingstone- Learmonth
Textes et photos de Georges Lévêque
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