Dans le Finistère, le Musée de Pont-Aven

Au-delà de la cité même de Pont-Aven, le musée de l’école de Pont-Aven est un petit bijou dans le Finistère.

Pourquoi Pont-Aven est-elle connue bien au-delà de l’hexagone ? Tout simplement à cause de son charme indéniable, de ses atouts patrimoniaux et Nature. Donc avant même d’aller voir ce fameux musée de l’Ecole de Pont-Aven, il faut déambuler entre les vieilles maisons (seulement une quinzaine autrefois), remonter le cours de l’Aven à la recherche de l’un des 14 moulins (par des plaques en bois certains sont décrits et encore visibles tel les moulins Ty Meur, de la Porte Neuve, de Rosmadec, de Penarros, du Grand Poulguin), se promener dans le Bois d’Amour.

Un des 14 moulins sur l’Aven

En s’imprégnant d’une ruelle étroite, en flânant dans un chemin escarpé, en écoutant le clapotis de l’eau entre les roches et sur les pales des moulins ; certains sens sont en éveil et surtout on appréhende mieux les toiles exposées dans le musée.

On comprend pourquoi Pont-Aven a depuis plus d’un siècle attiré les artistes. Etretat, les rives de la Seine, le soleil méditerranéen : certains lieux sont comme un aimant irrésistible pour le talent et l’Art, car ils préservent en eux-mêmes une certaine magie. Et cette petite bourgade bretonne est de ces aimants-là. Elle a aspiré certains génies ; même si, au-delà de l’accueil de la population locale, la gentillesse et la générosité de Julia Guillou, la « bonne hôtesse » ont grandement contribué à attirer les premiers peintres cosmopolites, en particulier les Américains comme Robert Wylie.

La petite cité est traversée par la rivière

L’académicien Jean-Marie Rouart souligne néanmoins que Pont-Aven n’aurait jamais abrité tant de peintres si le génie diabolique de Gauguin n’était pas venu ici, au fond du Finistère, apporter une nouvelle flamme à l’impressionnisme en chahutant la douceur de ses paysages assoupis.

Du conflit artistique entre Gauguin et Emile Bernard naîtra une belle fécondité artistique dont témoignent les toiles de Maurice Denis, Emile Jourdan, Henry Moret, Paul Sérusier….. A l’opposé de la quiétude de l’Ecole de Barbizon qui a contribué à la sérénité d’artistes comme Corot ou Millet, Pont-Aven est « enrichie par le feu d’un génie tumultueux ».

Chaumières en Bretagne d’Henry Moret

Réunis par Alexandre Mouradian, un féru d’histoire de l’art subjugué par la vision d’une toile d’Emile Bernard préfigurant selon lui Modigliani ; tous les peintres continuent à vivre et à hanter le Pont-Aven qu’ils aimaient via cette collection et ce musée qui leur sont consacrés.

Grâce au synthétisme de Bernard émergeront d’autres courants : le fauvisme, le mouvement Nabi, l’abstraction. Une peinture issue de l’imaginaire a germé et Pont-Aven est devenu le berceau de la modernité.

Coucher de soleil de John Peter Russell

Collections permanentes, exposition temporaire, interactions chromatiques de Matali Crasset dans l’ex-salle à manger sont donc à voir dans le musée qui a trouvé une nouvelle implantation après 3 ans de travaux dans l’Hôtel Julia, adresse incontournable de tous les peintres.

Douarnenez vu par Maxime Maufra

Musée de Pont-Aven

Place Julia (anciennement Hôtel de Ville)

29 930 Pont-Aven

02 98 06 14 43

www.museepontaven.fr

Femme au kimono à la lecture de Emile Bernard

Si le sujet vous intéresse, achetez le beau livre conjointement écrit par la conservatrice du musée, Estelle Guille des Buttes et l’historien membre de l’Institut, Adrien Goetz.

Outre les nombreuses galeries d’art, poursuivez votre balade et pour revenir à des choses plus terre à terre, dans le village même, 2 adresses pour becs sucrés : la Biscuiterie Traou Mad (10 place Gauguin ; 02 98 06 01 94) et La Chocolaterie de Pont-Aven dans une des plus belles et vieilles maisons du village pour son charmant et très gourmand salon de thé (1 place Henri Delavallée ; 02 98 09 10 47).

Un peu plus loin sur le pays de Névez la Nature est totalement préservée entre océan et petites criques, entre prés verdoyants et rochers bruts. Au bord de l’Aven, Kerdruc est comme un fjord posé à l’embouchure de la rivière Aven (sans montagne bien sûr !!). Comme à l’autre bout du monde, des huîtres de Belon, des creuses de Bretagne peuvent être mangées avec un p’tit verre de Muscadet chez Laurent Publier et vous serez presque les pieds dans l’eau ou en terrasse chauffée selon la météo.

Votre vue quand vous prendrez quelques huîtres et un p’tit blanc de l’établissement de Laurent Publier

Etablissements ostréicoles de Laurent Publier

Kerdruc sur la commune de Névez ; 02 98 06 62 60.

www.finisteretourisme.com

www.pontaven.com

www.nevez.com

En ouverture d’article le visuel d’une toile de Emile Jourdan ( les visuels des tableaux sont fournis par le Musée de Pont-Aven)

 

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3 Comments
  • Gaëlle
    Répondre 22 mai 2018 at 11:34

    Le « Femme au kimono à la lecture » est sublime, je ne le connaissais pas. Il n’était pas à la rétrospective de l’Orangerie, il me semble.

  • Georges LÉVÊQUE
    Répondre 22 mai 2018 at 11:40

    Bel article Marie-Laure ! Tout est dit en peu de mots, bravo !!! Bretagne éternelle !!!!!

  • océan
    Répondre 6 juin 2018 at 19:12

    Vive la peinture ! Vive la Bretagne !

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