Decize ou La Loire en mode slow

Promenade en mode slow dans le Nivernais pour découvrir la ville de Decize.

Située au carrefour de 5 voies d’eau (la Loire, la Vieille Loire, le canal du Nivernais, le canal latéral et l’Aron) la ville nivernaise de Decize est un paradis pour ceux qui aiment le bateau, la randonnée ou le vélo. Elle possède aussi un joli patrimoine.

Le port de Decize

Ce petit port de plaisance a été créé, il y a sept ans, dans un bassin qui servait auparavant aux péniches et au transport fluvial. L’architecte Marc Perrin y a construit un ensemble de maisonnettes en bois inspirées des cabanes ostréicoles de l’île d’Oléron. Leurs murs vert ou bleu pastel et leurs toits orange se reflètent dans de petits jardins d’eau à deux pas des bateaux. On se croirait dans quelque pays du Nord… Dans ce lieu qui respire la simplicité et la tranquillité, on pourra venir en famille, partager son bac potager ou sa terrasse avec le voisin. A moins que l’on y séjourne pour son travail (le Salon National de l’Itinérance Douce vient de s’y dérouler pour sa deuxième édition).

Vue sur la paisible Loire

Un site inspirant pour faire de la « rando », du vélo, notamment le long des chemins de halage. Et bien sûr du bateau ! Entre les trois, mon cœur balance…

La balade en gabare

Promenade en gabare

Finalement, c’est elle qu’on a choisie avec un beau marin à la barre, en maillot à rayures et feutre de corsaire ! Cette embarcation qui appartient à une association de passionnés de vieux chalands, comporte une voile et un mat prévu pour s’abaisser complètement lors du passage des écluses (il y en a 150 si l’on va jusqu’à Auxerre !) Au XVIIIe siècle, les gabares étaient faites dans du bois de chêne qu’on laissait 20 ans dans l’eau pour qu’il soit parfait, c’est-à-dire dur mais avec une certaine souplesse. Aujourd’hui, on y ajoute du douglas pour les flancs dont les planches se chevauchent comme celles des bateaux des douanes suisses qu’on a aussi expérimentées sur la Loire.

Maisonnettes du port de Decize

Au fil de la promenade, on peut admirer un petit barrage, un ancien toueur qui servait à remorquer les péniches ; des cygnes, des canards et toute une végétation qui se reflète dans ces eaux calmes comme dans un miroir. A chaque passage d’écluse, on attend tranquillement tout en refaisant le monde…

Decize, la place du marché et la tour de l’Horloge

Nous y sommes venus un vendredi matin, jour du marché, et la ville nous a tout de suite séduits par son côté authentique, ses rues pleines de petits magasins qu’on croirait, parfois, venus d’un autre âge (un réparateur-vendeur d’électroménager datant de 1930…). Sur la place, la tour de l’Horloge (XIXe siècle) domine la situation avec ses carillons et sa sculpture de Guy Coquille, juriste ayant marqué la région ; sa partie basse, apprend-on, servait de cellule de dégrisement les jours où on se laissait un peu trop aller…

Place du marché et tour de l’horloge

Autour, on remarque un hôtel de ville clair et coquet, construit au début du XXe siècle. Sur un de ses côtés : l’ancienne Caisse d’Epargne dont la devise gravée sur la pierre fait réfléchir : « La sagesse fixe la fortune »…

Decize ; l’église Saint Aré

L’Eglise de Saint-Aré et les ruines du château

Un peu plus loin, l’église romane de Saint-Aré attire notre attention par ses gros contreforts et son étonnante « tour du maire » qui en dit long sur les rapports entre l’Eglise et la municipalité. Celle-ci fut construite sur un côté au début du XXe siècle pour que les employés de la ville puissent sonner les cloches sans entrer dans l’Eglise ! L’histoire du monument n’est pas banale non plus. Au VIe siècle Saint-Aré aurait demandé d’être enterré là où s’arrêterait la barque transportant sa dépouille et dérivant librement sur la Loire. Ce fut Decize !

Eglise Saint-Aré, bas-relief du XVI ème de la crypte avec le prêtre aux lunettes

Dans la crypte, on remarque un très beau bas-relief du XVIe siècle illustrant la vie de la Vierge. Il montre une des premières représentations de lunettes dans l’art (sur le nez du prêtre).

On pourra continuer la promenade en grimpant en haut des ruines de l’ancien château du XIIe siècle, revendu au XVIIIe siècle par le Duc du Nivernais pour en faire une carrière de pierre. La vue sur la Loire et le paysage environnant y est superbe. Pour finir, un petit coup d’œil à l’ancienne église des Minimes (XIe siècle) devenue salle de cinéma puis salle d’exposition et de spectacle. Si par hasard elle était ouverte, poussez discrètement la petite porte sur le côté : elle accède à un joli cloître, lumineux et arboré, aujourd’hui en mains privées.

Vue sur la Loire depuis le haut des ruines du château

Deux bons restaurants à signaler (aux prix très raisonnables) : Le Petit Agité (www.lepetitagite.fr) et l’Atelier Culinaire, entièrement bio, qui organise aussi des cours de cuisine (www.atelierculinaire-frapiau.fr)

Pour tout renseignement : www.nievre-tourisme.com

Cloître privé de l’église des Minimes

Article et photos de Valérie Collet

 

 

 

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3 Comments
  • Gaëlle
    Répondre 18 octobre 2018 at 14:42

    Chouette endroit. A combien d’heures de Paris ?

  • Marc Baudry
    Répondre 23 octobre 2018 at 10:14

    Très intéressant article.

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