Etretat en 2 lieux atypiques : les jardins d’Alexandre Grivko (1)

Les Jardins d’Alexandre Grivko, la fresque de Jean Charles de Castelbajac dans le Donjon du Domaine Saint Clair : 2 lieux méconnus et atypiques pour une visite d’Etretat hors des clichés habituels.

« Si j’avais à montrer la mer à un ami pour la première fois, c’est Etretat que je choisirais » : en ces termes s’exprimait Alphonse Karr qui fit la renommée de la station balnéaire. Si vous aimez la littérature, les romans de Karr ainsi que les livres de Guy de Maupassant et de Maurice Leblanc vous transportent au pied des falaises au même titre que la musique d’Offenbach qui s’y fit construire une villa. De même le village de pêcheurs d’antan peut vous être connu par des toiles de Claude Monet (98 toiles de l’impressionniste de vues d’Etretat ont été répertoriées par Daniel Wildenstein), des peintures de Courbet et/ ou de Boudin. Mais avant toute chose, Etretat évoque sûrement pour vous les sublimes falaises que plus d’un million de personnes viennent voir du monde entier. Grande et petite arche, aiguille et jeux de lumière, galets sombres adoucis par le roulis des vagues, jeux de lumière changeant au gré des saisons : tout a été dit, écrit sur la beauté de ce site national classé, son caractère unique en tant que patrimoine naturel.

Etretat et une de ses falaises

Sortez donc des sentiers battus et allez voir les jardins architecturés du paysagiste russe Alexandre Grivko.

Très en hauteur sur la falaise avec une vue imprenable sur la falaise et l’Aiguille d’Etretat ; sublimes par les travaux de l’origine, puis d’entretien et de coupe nécessaires au quotidien ; bluffant par la diversité des formes et la recherche bien-être voir spiritualité qu’ils engendrent ; inédits par l’association art & paysage pièces d’art contemporain ; ces jardins sont à part de toute classification. Ni labyrinthe, ni parterre de buis comme Marqueyssac, ni espaces rocailleux comme les jardins japonais, ni musée d’art contemporain au service de la botanique ; ces jardins sont autres car ils sont atypiques et révélateurs d’un exceptionnel travail et d’une débordante créativité.

A la tombée du jour…..

En quelques années, Alexandre Grivko, le dandy bohême moscovite, est devenu un des plus célèbres noms du microcosme du jardin et son cabinet d’architecture paysagère Il Nature est appelé dans le monde entier par des lieux prestigieux tels que Courances, Chatsworth, Barvikha et il travaille pour de nombreux oligarches russes fortunés ….

Le jardin avec Monet au fond, une scène de Wiktor Szostalo inspirée du tableau ‘coucher de soleil à Etretat’

Sans l’ombre d’une pointe d’arrogance, Grivko dit de lui-même « je suis un simple jardinier » !!! Est-ce parce qu’il crée des mondes miniatures ; alors que les architectes du jardin travaillent plutôt sur la grandeur ? Toujours est-il que créer en deux ans à peine un tel jardin est une prouesse technique : sur un hectare, apporter 1 000 tonnes de terre, créer près de 2 kms de sentier en petit gravier et surtout planter 100 000 pieds de variétés persistantes adultes pour pouvoir les tailler, les modeler au gré de ses envies et de ses fantasmes est une folie qu’Alexandre Grivko a concrétisée et réussie.

« Gouttes de pluie » de Samule Salcedo

Les houx se mêlent aux phillyrea angustifolia en une succession de coquillages, de vagues plus ou moins houleuses qui semblent être le naturel prolongement de la Manche en contrebas. Les tailles sont douces et arrondies rappelant le mouvement des lointaines vagues ; plus loin les ondulations des arbustes évoquent des formes de champignons, élément terre par excellence. Lors de ma venue en février planait sur le jardin en espalier un brouillard qui ajoutait encore au mystérieux de ces houles vertes, écumeuses. Ce jardin là aurait plu à Leblanc qui aurait pu y voir un romantique repaire pour son Arsène Lupin !

le paysagiste Grivko

Saisonnalité oblige, je n’ai pas vu les azalées, les rhododendrons, les agapanthes, les camélias, les orchidées qui apportent, paraît-il, des touches roses, bleues, blanches par milliers. Je devrais donc revenir aux beaux jours ….

En revanche les œuvres de divers artistes contemporains restent de manière pérenne et apportent au jardin un regard autre sur l’Art, le monde tout en étant toujours des pièces qui font écho à l’univers marin environnant. Une dizaine de ‘gouttes de pluie’ de l’espagnol Samuel Salcedo sont autant de têtes d’hommes révélant ses expressions ; l’allemand Thomas Rösler a posé ses imposantes sculptures en bois au gré d’une allée ; la conque de la russe Elena Kogan émerge des boules végétales ; plus loin les personnages sculptés en bois de vigne des artistes polonais Wiktor Szostalo et Agnieska Gradnik étreignent le dernier arbre sur terre en un ultime appel à nous souvenir de la nécessaire préservation de l’environnement…..

le « Coquillage « , oeuvre d’Alena Kogan

Bien que très récemment implanté, cet oasis végétal au cœur d’une terre brute de silex semble être là depuis toujours. Au-delà de son esthétisme propre, il apporte un supplément à la beauté abrupte des falaises : de la douceur, de l’harmonie, de la sérénité, du bonheur dans un monde qui en a tant besoin.

les têtes en résine élastomère de Salcedo

Les Jardins d’Etretat

Avenue Damilaville

76 790 Etretat

02 35 27 05 76

Ouvert tous les jours de 10 à 19 h (printemps et été) ; de 10 à 17 h en automne et hiver

www.ilnature.co.uk

www.seine-maritime-tourisme.com

 

Visuels fournis par Seine Maritime Attractivité et Dimitry Livshits

 

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7 Comments
  • marilou
    Répondre 27 mars 2018 at 19:38

    etonnant comme truc

  • bertie
    Répondre 27 mars 2018 at 23:11

    bravo pour ces photos dans un site exceptionnel

  • Gaëlle
    Répondre 28 mars 2018 at 11:46

    Etonnant, ce jardin.

  • Victoire de Courreges
    Répondre 3 avril 2018 at 09:55

    Superbe! J’en rêve pour Blavou
    Kiss
    Victoire

  • LN_du_56
    Répondre 3 avril 2018 at 10:57

    Magnifique !!

  • Catherine de Bourgoing
    Répondre 3 avril 2018 at 12:25

    Oui c’est à découvrir que ce soit beau ou laid c’est étonnant

  • Catherine de Bourgoing
    Répondre 3 avril 2018 at 12:25

    Oui c’est à découvrir que ce soit beau ou laid c’est étonnant

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