Eyrignac

Un sublime jardin en Périgord détenue par la même famille depuis 500 ans.

Un domaine de 200 hectares, des bâtiments classés monuments historiques des XVII et XVIII ème siècle, 10 hectares de surfaces de jardins entre buis, charmes, ifs et fleurs, 7 kms de bordures de gazon, l’équivalent d’un golf en entretien de gazon, 15 kms linéaires de haies, un double alignement de 20 paires de charmes dont les photos et les publicités ont fait le tour du monde, 6 jardiniers qui travaillent toute l’année la cisaille, le cordeau et le fil à plomb à la main, de manière totalement manuelle donc……

L’allée des vases

Tout a déjà été dit ou presque sur Eyrignac, le manoir et ses jardins. Eyrignac est ‘un monument’, un monument du végétal. Mais s’il est un jardin d’exception d’une rare beauté ; il n’est peut-être pas le seul en France. La différence entre Eyrignac et d’autres perles jardinières tient dans le fait qu’Eyrignac a une âme, celle de ses propriétaires, Patrick et Capucine Sermadiras. Eyrignac est dans la même famille depuis 500 ans ; 22 générations ont été au service de ce jardin. Jour après Jour, Eyrignac est un lieu habité, couvé, entretenu, veillé, bichonné, travaillé par Patrick Sermadiras et ses équipes. Cette ambiance là fait toute la différence!  Entre ses jardins à la française, ses espaces romantiques à l’anglaise, ses chambres de verdure d’inspiration italienne, ses parterres de fleurs émergeant du torii japonais, ses bestiaires de topiaires ; Eyrignac vit aux pas réfléchis de son propriétaire pour juger les perspectives et potentiellement rectifier une ligne de vue, aux coups de cisaille permanents de ses jardiniers, Eyrignac a une âme !

Certes, on pourrait parler du lieu à l’infini : quelques explications complémentaires seulement exprimeront ma très grande admiration au regard du travail accompli ici depuis 1965 ; seules les photos parleront et exprimeront la splendeur du lieu qui a été ouvert au public en 1987.

Un miroir de 40 mètres de long pour un reflet à l’infini des haies

Eyrignac : un patrimoine historique et végétal

Début de l’histoire en 1653 avec un certain Costes de la Calprenède qui décide la construction d’un manoir sur les ruines d’un château dont l’ancêtre a été rendu célèbre par sa tirade passée à la postérité ‘fier comme Artaban’

Il faut attendre le XVIII ème siècle pour qu’un descendant, contrôleur des monnaies et comptoirs, crée des jardins à la française autour du manoir.

Le manoir avec ses ifs taillés en plateaux

Au XI ème siècle, la mode est au romantisme à l’anglaise et on n’abandonne début XX ème les parterres à la française.

En 1965, Gilles Sermadiras de Pouzol de Lile, amoureux de sa terre d’Eyrignac, décide une complète renaissance des jardins. Le plus étonnant est qu’il n’est en rien paysagiste ou jardinier amateur ; il refuse l’aide et les plans de deux ‘sommités ès garden’, Russel Page et Loup de Vianne Tobie. C’est à Gilles seul qu’on doit la beauté très graphique des allées, les dessins des charmes, les formes inédites des parterres de buis. Mélange paradoxal d’extrême rigueur et d’amusante fantaisie ; ces jardins sont inouïs de perspective, d’illusions d’optique, d’associations herbe-buis et / ou if ; alors que la plupart des jardins de buis et de topiaires s’organisent au cœur d’allées de gravillons.

Pour aller vers le jardin blanc

Bercés depuis son enfance par le bruissement de l’eau qui coure entre arbustes, cyprès et arbustes taillés ; il était comme une évidence que Patrick Sermadiras devait poursuivre l’œuvre de son père. Avec son épouse Capucine, la relève est assurée avec brio apportant améliorations et idées nouvelles pour dynamiser ce domaine. Dans un proche avenir, on ne peut que vivement souhaiter que la 3 ème génération avec leur unique fils Gilles reprenne à son tour le flambeau ; qu’il veille à son tour jour après jour sur chaque arbuste. En effet Eyrignac au même titre qu’un bâti est un réel patrimoine historique et végétal et comme l’a écrit Bernadette Chirac au cours d’une visite de la propriété « les jardins d’Eyrignac représentent l’excellence dans l’art des jardins ».

Vue aérienne sur une chambre de verdure

Des végétaux plus fragiles que d’autres

Il y a ‘le’ platane d’Eyrignac, un sujet vieux de plus de 280 années, qui atteint 25 mètres de haut et a un tronc de 5 mètres de circonférence. Ce splendide arbre dont l’envergure dépasse largement le manoir connait les tourments liés aux champignons classiques de cette espèce (l’oïdium, l’anthrachnose) mais heureusement pas le chancre coloré qui a déjà décimé près de 50 000 platanes en France. Grâce aux soins prodigués, le platane d’Eyrignac se porte bien !

Des vases à l’italienne pour rompre l’ordonnancement des allées taillées

Ifs, buis même taillés à la main sont des arbustes dont l’entretien est particulièrement minutieux ; d’autant que les seconds connaissent depuis plusieurs années trois terribles « prédateurs » hélas bien connus de tous les jardins de buis et de topiaires. Il s’agit de 2 champignons, le cylindrocladium et le volutella, ainsi que la pyrale, une chenille asiatique, lesquels dévorent feuilles et tiges. Utilisation au minima de produits phytosanitaires chimiques quand la contamination est en plein développement, traitements par des produits bios le plus souvent possible, composts et engrais naturels pour fortifier les plants, coupes et tailles spécifiques à date précise pour éliminer les branches et les feuilles contaminées en les brûlant ultérieurement, pièges à phéromone pour stopper l’invasion de la pyrale : tous les moyens sont bons pour limiter les dégâts.

Les tailles sont réalisées manuellement

A force de travail, de persévérance ; les buis se portent bien et ne semblent pas être trop atteints par les maladies ; tout comme dans un jardin aussi réputé du Périgord, Marqueyssac. On peut donc dire que les jardiniers en chef de ces deux propriétés, L.Chabane et J. Lemoussu, sont de réels « Tistou aux pouces verts » !

Château d’Eyrignac et ses jardins

24 590 Salignac – Eyvigues

Tél : 05 53 28 99 71

Ouvert tous les jours

www.eyrignac.com

www.sarlat-tourisme.com

visuels de JB Leroux, J Morel, E Sander

Panorama sur la mythique allée des charmes

 

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2 Comments
  • Georges LÉVÊQUE
    Répondre 2 août 2017 at 09:55

    Superbe article
    Quel gourou ce monsieur Patrick Sermadiras

  • anna poupette
    Répondre 3 août 2017 at 15:12

    ca doit etre du taf de couper tout çà

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