Food bashing et doutes dans vos assiettes ?

Quid dans le caddie de la ménagère et ultérieurement vos assiettes ? Le food bashing est omniprésent et pourtant les applications pour mieux consommer se multiplient, les offres des supermarchés deviennent éthiques et éco-responsables alors qu’en parallèle les services type « bienvenue à la ferme » prennent une réelle ampleur.

 

Crise de la vache folle, lasagnes à la viande de cheval, Perrier et benzène, carottes bios moins biologiques après examen que les non bios de la même enseign infection aux salmonelles dans le lait infantile Lactalis, tartelettes d’Ikea contenant des matières fécales, huile de moteur dans des mayonnaises et vinaigrettes industrielles : les consommateurs s’inquiètent des produits qui entrent dans leur panier. Est-ce à tort ou à raison ?

Qu’est ce que le food bashing ?

Le food bashing est le fait de critiquer, d’attaquer les produits consommables de l’alimentation quotidienne afin de les dénigrer dans l’esprit du public. Cette mise en cause des produits alimentaires devient le cheval de bataille de très nombreux médias. De là naissent des peurs souvent irraisonnées et viscérales dans l’esprit du grand public.

Un retour aux vraies valeurs s’impose !

Certes l’Etat est là pour veiller au grain ; mais que faire face aux colportages de Madame Michu ? Et l’économiste Nicolas Bouzou de dire que « le food bashing renvoie à la question de la domination de la peur dans notre société, alors que les raisons d’avoir peur ont considérablement diminué ».

Même discours de Catherine Chapalain, directrice de l’Ania qui regroupe 15 000 acteurs de l’agroalimentaire français : « Certes il y a eu des crises alimentaires très médiatisées et des fraudes inexcusables qui ont jeté le discrédit sur toute une profession ; mais cette cacophonie médiatique et nutritionnelle entretient la perte de repères des consommateurs et facilite les amalgames ». Et de poursuivre en confirmant la qualité très élevée du modèle alimentaire français.

Face à ces affreux journalistes qui entretiennent le doute et jettent en permanence de l’huile sur le feu ; comment les industriels se défendent – ils ?

Traçabilité topissime sur les Volailles d’Auvergne

L’ère du numérique nous sauvera t’elle ?

Depuis fort longtemps les labels sont là pour nous protéger et garantir une qualité supérieure. De part et d’autre, des actions ponctuelles sont entreprises pour expliquer la traçabilité des produits à l’image des superbes Volailles d’Auvergne dont le packaging via un QR code à scanner vous permet de voir grâce à votre portable l’éleveur de la volaille achetée et sa manière de travailler. Carrefour a aussi mis au point une traçabilité efficace sur ses poulets. Il y a 2 ans, Intermarché créait ‘l’Essentiel’ une gamme colorée pour sensibiliser les consommateurs aux goûts simples avec une offre sans colorant sans arôme artificiel sans conservateur. Aujourd’hui l’offre Intermarché a grandi de manière conséquente en passant de 39 à 74 références de basiques dont la composition est affichée en toute transparence.

Gamme L’Essentiel d’Intermarché

Mais le plus intéressant est la démarche de l’enseigne ‘U commerçants indépendants’ en créant l’appli ‘ y a quoi dedans ? ‘. Certes il existait déjà l’appli Yuka : elle indique si le produit à acheter est excellent, bon, mauvais, médiocre et dans votre supermarché vous avez peut-être rencontré des clients scannant le code-barres d’un produit sur leur portable et le remettant horrifiés dans le linéaire après quelques secondes de lecture.

Système U en créant son appli va plus loin en indiquant si le produit contient des substances controversées, des additifs nocifs.

Ces engagements sont louables et vont dans le bon sens ; mais à une époque où les femmes travaillent de plus en plus, le temps consacré aux courses risque de sérieusement augmenter si chaque produit est ausculté, déshabillé, décortiqué.

L’appli Y a quoi dedans des magasins U

Et on pourrait dire qu’un soupçon d’hypocrisie plane au-dessus de tout çà : qui aujourd’hui ignore que les hamburgers font plus grossir qu’une salade de haricots verts ? Qui peut encore penser que le Nutella est meilleur qu’une confiture maison ?

Revenir aux circuits courts

Aspartame, gommes, nitrite de sodium, dioxyde de titane, E…. : les seuls noms inquiètent. Alors la solution ne serait-elle pas tout simplement de revenir à des circuits plus courts, de privilégier les produits locavores en acceptant de les payer – peut-être – un peu plus chers.

Concept ‘Bienvenue à la ferme’ : Brie’zon la glace à Montdauphin avec emilie et Boris

En premier lieu, privilégiez les PME la plupart du temps local face aux mastodontes du secteur alimentaire : elles investissent des marchés de niche et privilégient les dialogues collaboratifs.

Changez vos habitudes de consommation en privilégiant le « manger moins mais manger mieux et vivre fermier ». Nombreuses sont les Amap qui se sont développées pour les citadins, les provinciaux ayant plus facilement accès à des consommations ‘terroir’. De même Super Marché Frichti permet, via une livraison en 20 mn environ dans Paris, la possibilité d’avoir des produits sains et frais provenant de petits producteurs aux antipodes de l’industriel.

Pensez aussi aux cueillettes à la ferme avec Chapeau de Paille, Bienvenue à la Ferme. Fêtant ses 30 ans, ce qui prouve son avant-gardisme, cette dernière association part en tournée ‘mangez fermier’ dans toute la France du 25 septembre au 27 octobre avec son food truck. Amiens, Rouen, Limoges, Orléans, Angers, Strasbourg, Mâcon, Grenoble, Avignon, Montpellier seront ainsi visitées par la camionnette qui permettra au grand public de découvrir et de déguster des produits locaux.

Savoir cueillir fruits, légumes, champignons aux bonnes saisons

Cette année, l’Opération ‘Chefs de Gare 2018’ mettra l’accent sur le terroir avec des démonstrations et des ateliers culinaires dans 37 gares de l’hexagone organisés par des chefs étoilés ( Marx, Roth, Le Squer… ) lesquels valoriseront quelques 150 producteurs locaux. Même en attendant son train il vous sera donc possible de tester du bon, du local, du terroir.

Marché aux fruits anciens (Sisteron – Buëch)

De même du 22 septembre au 4 novembre prochain, la Fédération des Stations Vertes et des Villages de Neige célèbre l’arrivée de l’automne et de ses saveurs à travers la valorisation du terroir de ses ‘Stations Vertes’, label touristique créé en 1964.

Nombreuses sont à travers toute la France les opérations de ce genre. Alors assurément le bon goût français n’est pas en train de se perdre et les solutions pour mieux manger existent réellement. Encore faut-il vouloir le faire !

 

certains visuels de L. Madelon

 

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