J’apprends à tailler les arbres fruitiers, les arbustes…

Un nouveau regard sur la taille des arbres par Alain Pontoppidan

Et si les arbres pouvaient parler, que nous diraient-ils ? Ils nous recommanderaient de lire la dernière production d’Alain Pontoppidan. Car ce technicien agricole, arboriste et formateur a su faire parler les arbres pourtant muets, à force de les avoir observés. Son écriture se déroule sous nos yeux avec une grande fluidité et les anciens étudiants en horticulture se disent : « Ah ! si j’avais eu ce monsieur comme professeur, j’aurais mieux compris les cours de taille (expérience personnelle !).

Bien jauger l'arbre pour savoir quoi couper

Bien jauger l’arbre pour savoir quoi couper

 

Alain Pontoppidan est de la nouvelle école, celle qui a mis au point les principes de la taille douce. On entre dans son livre lentement. Avant d’attraper cisailles et sécateurs, tronçonneuses et double-échelles, on passe par la case « observation ». Car il faut bien regarder avant de couper puisque chaque sujet s’avère être un cas particulier. Un cinquième du livre nous conduit à ouvrir les yeux par des explications à la fois simples et savantes sur la « marche de l’arbre ».

Pas de suppression de branches charpentières, c’est à dire les principales.

Pour les autres branches, ou rameaux ou brindilles, on évite les coupes en plein milieu. Grâce à cette règle, les branches en surnombre ou mal placées sont coupées à leur point d’insertion, car c’est là où naturellement se reconstitue le bourrelet cicatriciel qui freine l’entrée des parasites dans les tissus de l’arbre.

Ce livre est une succession de bonnes photos qui montrent les gestes du tailleur. Elles sont remplacées par des dessins quand ces derniers sont plus explicites que les photos.

Scie ou sécateur selon la taille de la branche

Scie ou sécateur selon la taille de la branche

Et savoir quand tailler ! La taille douce bouscule les idées reçues. On ne taille plus uniquement en hiver après la chute des feuilles, mais bien tout au long de l’année. L’activité végétative au moment de la taille est même considérée comme un avantage pour la cicatrisation, qui se fait mieux quand la sève circule. Cette remise en cause recommande, quand on le peut, d’éviter la taille au moment de la chute des feuilles, au printemps lors de la montée de sève, en période de gel et en période se sécheresse.

La plupart des espèces fruitières sont passées en revue, en livrant une belle page sur la façon d’intervenir sur l’actinidia, cette liane chinoise valorisée par les Néo-Zélandais qui peut fournir sur chaque pied plusieurs kilos de kiwis. On y sent l’homme expérimenté tant son avis est bien étayé.

Bien taillé un pommier ne donnera que de plus belles fleurs

Bien taillé un pommier ne donnera que de plus belles fleurs

 

L’ouvrage se termine sur les principes de taille des arbres et des arbustes d’ornement. Conseils et mises en garde : les marronniers qui ne la supportent pas, meurent ou sont malades dans nos parcs quand on s’acharne à leur faire subir des coupes trop énergiques. Vis à vis du lilas, il est conseillé de faire de grands bouquets de fleurs avec de bons morceaux de tiges, et ça suffit. Pour cotinus, aubépine, bouleau, hamamélis, arbre de Judée : rien ! Glycine et bignone, on réduit les tiges en hiver pour lutter contre l’envahissement. Vis à vis des rosiers, c’est variable selon les variétés. On a tendance à oublier pour eux les coupes à 30 cm du sol comme préconisé naguère. Là encore, les observations personnelles sont de bons éléments de réflexion. Le tailleur apprend en taillant, s’il dispose d’un bon sens critique sur son action.

La couverture du livre

La couverture du livre

 

J’apprends à tailler mes arbres fruitiers, arbustes … par Alain Pontoppidan

Editions Terre Vivante

14 euros

 

Lecture assurée par Georges Lévêque et photos fournies par l’éditeur

 

 

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1 Comment
  • Bertrand
    Répondre 1 mars 2016 at 17:06

    Si difficile de tailler un fruitier
    Merci por cet article qui renvoie à un livre

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