Jean Claude Gallotta : L’Etranger

L’Etranger de Camus entre danse et musique par Gallotta

 

Jusqu’au 5 mars, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta propose sa dernière création, lecture aux accents intimistes du roman de Camus, sur la scène des Abbesses du Théâtre de la Ville.

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » C’est ainsi que débute L’Étranger d’Albert Camus, dont l’action se déroule en Algérie française. C’est également en évoquant le décès de sa propre mère que Jean-Claude Gallotta, en voix-off, commence son spectacle. Projetées sur un écran pendant qu’il parle, des photographies de sa mère jeune à Oran. Voilà pour le préambule.

 

« Aujourd’hui ma mère n’est plus et me voilà plongé comme Meursault le narrateur du livre dans la même réalité incompréhensible (…). » (J.-C. Gallotta)

 

Le chorégraphe, porte-drapeau au début des années 80 de la nouvelle danse française, a écrit cette courte pièce (1 heure) pour trois danseurs. À la lecture en voix-off de paragraphes du livre et aux extraits de films de Visconti, Frank Capra ou Fernandel, répondent Ximena Figueroa, Béatrice Warrand et Thierry Verger, interprète aérien qui fait vibrer le soleil plombant omniprésent dans le roman. En solo, duo ou trio, ils jouent tour à tour Meursault, l’Arabe tué sans raison par ce dernier et les autres protagonistes de cette histoire qui se terminera par la condamnation à mort du meurtrier.

 

Les passages dansés, sans tomber dans l’illustration, sont du côté du figuratif et tracent un chemin parallèle au roman. La musique fiévreuse (un peu trop forte…) au rythme haletant précipite les protagonistes vers la fin inéluctable de cette tragédie moderne.

Jean-Claude Gallotta ne résout pas l’énigme de Meursault, mais au « pas en avant » de Meursault vers l’Arabe, pas qui le conduit à frapper « sur la porte du malheur », répondent les pas libres des danseurs. « Marche juste à côté de moi et sois mon ami », écrit Camus dans une autre de ses œuvres. Dans ce spectacle, les interprètes de Gallotta dansent pour nous consoler un peu de la perte et de l’absurdité de nos vies.

 

« L’Étranger » de Jean-Claude Gallotta

Théâtre des Abbesses – Paris

Plus d’infos : http://www.theatredelaville-paris.com

 

Texte : Sandrine D.

Visuels fournis par le Théâtre de la Ville

 

 

 

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