Judith

Entre comédie dramatique et thriller ; Judith est une excellente pièce au Théâtre du Gymnase.

L’accès à la salle se fait via un dédale d’escaliers tortueux, de couloirs glauques afin d’accéder à un théâtre dans des bas fonds. Toujours est-il que la ressemblance avec les caves où la Gestapo torturaient les résistants pendant la seconde guerre mondiale est frappante. D’emblée et dès son arrivée, le spectateur est plongé dans l’ambiance lourde, oppressante, feutrée, étouffante de la pièce.

4 hommes Juifs, 1 cinquième dont on apprendra qu’il ne l’est pas se retrouvent un soir d’hiver à la campagne ; 5 copains passent leur soirée de retrouvailles car telle est la coutume depuis plus de 15 ans. …
Mais l’amitié va être brusquement mise à l’épreuve par l’apparition d’une femme, d’un être humain non physiquement présent, mais omniprésent dans la mémoire de certains d’entre eux au point de détruire les innombrables liens qui unissent ces 5 là.

Retrouvailles comme chaque année depuis 15 ans

La pièce de Cédric Lavie (un nom prédestiné !) est un thriller psychologique qui nous plonge dans les vicissitudes de l’Homme et dans les tourments de son âme. La vie d’horreur des camps de concentration : faut-il l’oublier ? Les survivants doivent ils se venger ? Quand la trahison est là, le pardon est il possible ?

Le débat prend forme, l’histoire vire au drame, le jeu des acteurs est tout à fait remarquable, les grandes questions autour de l’amitié dans l’adversité, la résilience, l’oubli, la vengeance, le repentir, la haine, la religion juive, la rédemption, la nécessaire survie et la reconstruction humaine postérieure sont ici posées brutales, contradictoires…

Le sujet est grave ; mais de Nice à l’Espagne au Bataclan il est bien tristement brûlant d’actualité pour les victimes des attentas djihadistes.

Les 6 excellents acteurs de Judith

Judith

Avec M. Albertini, N. Arutene, Y. Penay, P ; Pierrard, L. Sao, J.O. Schroeder

38 bd de Bonne Nouvelle

75010 Paris

www.judithlapiece.com

visuels de H. Jauny et S. Zonenberg

 

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1 Comment
  • Sybilline Dutourniez
    Répondre 1 novembre 2017 at 20:49

    cà a l’air lugubre ce truc

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