La Charité sur Loire : fille aînée de Cluny

Tête de pont des établissements clunisiens, La Charité sur Loire était la seconde église la plus grande de la chrétienté. Focus multiple sur un bâti inscrit à l’Unesco, sur les divers établissements de culte totalement enchâssés dans cette cité d’art et d’histoire.

 

Avant même d’aborder une ébauche de description des divers lieux, deux constats s’affirment ici différents d’autres sites visités et restaurés en France. Les différents lieux de culte sont enclavés dans la ville et sont partie intégrante de l’habitat des civils lesquels doivent avoir un accès totalement libre et ouvert à ces lieux. Priorité est donnée à l’ancien, en complétant éventuellement les manques pour harmoniser l’ensemble mais en aucun cas en reconstruisant totalement tel que cela était.

Enfin l’ampleur des restaurations est telle qu’elles sont loin d’être terminées alors qu’elles ont démarré en 2001.

Vue globale sur l'église Notre Dame

Vue globale sur l’église Notre Dame

 

Une histoire bien ancienne

 

La Charité sur Loire c’est avant tout le prieuré aux lointaines origines : une fondation en 1059 par Cluny. Créée en 910 Cluny essaime du sud Bourgogne vers la Franche Comté, l’Auvergne, le Piémont, la vallée du Rhône. Un seigneur donne en 1059 à Cluny des terres à La Charité : ordre est donné de construire église, prieuré, cloître ….

L’église Notre Dame est consacrée par le pape Pascal II en 1107. Plus de 200 moines vivent sur 3 hectares de bâtiments à La Charité qui possède aussi d’importantes dépendances. Au XV et XVI ème siècle, guerres et incendies affaiblissent le prieuré qui est restauré au XVII et XVIII ème siècle, puis vendu comme bien national à la révolution. Les lieux de culte sont alors intégrés dans le tissu urbain. Aujourd’hui subsistent l’église romane, la porterie, le logis du prieur, le cellier, des salles XVIIIème, la salle capitulaire, le cloître.

Le cloître récemment restauré

Le cloître récemment restauré

 

Le prieuré : 1/5 du centre historique de la ville

 

Au delà de l’influence clunisienne, La Charité a un rôle important dès le Moyen Age par sa situation sur la voie de Vézelay pour le fameux pèlerinage vers Compostelle.

Majeur pour le tourisme de la ville, le prieuré a déjà bénéficié de 10 ans de travaux et d’autres tranches de restauration sont prévues ; comme s’il fallait encore aujourd’hui démentir les propos acerbes de l’écrivain et inspecteur des monuments historiques, Prosper Mérimée : « le curé, le maire, les habitants de La Charité n’entendront jamais rien à la qualité de leur patrimoine ». En effet, c’est lui qui sauve les monuments en les inscrivant sur la liste de 1840 et en évitant un projet de route au cœur du monastère !

 

A vous de déambuler entre le clocher Sainte-Croix et le portail gothique, l’église Notre Dame, le jardin des bénédictins, la salle capitulaire, le cloître, ect…. A admirer les tympans, les colonnes et chapiteaux du déambulatoire, le bestiaire en statues, d’étonnantes salles du XVIIIème siècle.

 

 

Entre gothique et art contemporain

 

Un vitrail de Christopher Wool

Un vitrail de Christopher Wool

La réussite des restaurations de La Charité réside dans le beau mélange entre les éléments anciens sauvegardés et les quelques ajouts du XXI ème siècle. Le meilleur exemple de cette association entre le gothique et le moderne est la salle capitulaire et ses vitraux. Les vitraux des baies ont été revisités en une harmonie gris crème et jaune par le new-yorkais Christopher Wool et réalisés par le maître verrier bourguignon Parot. Leur transparence légèrement colorée diffuse une clarté inouïe dans toute la salle.

 

Tout renseignement à l’office de tourisme

5 place Sainte-Croix

58400 La Charité sur Loire

03 86 70 15 06

www.lacharitesurloire-tourisme.com

 

 

crédit photos : office de tourisme de La Charité / Loire et V. Sallé Seutin

Share Button
No Comments

Post a Comment