L’Afrique des Routes

Le Quai Branly éclaire par sa récente exposition de 300 pièces l’existence d’anciens et riches échanges commerciaux sur le continent africain.

Les peintures rupestres attestent à elles seules de possibles commerces entre le Sahara et le Maghreb et on voit des fragments avec chevaux et dromadaires reproduits sur pierre ou terre cuite : c’est dire si avant le 1 er siècle avant Jésus Christ, les échanges des Perses, des Arabes, des Indiens et des Chinois étaient nombreux avec les Africains ; alors que les Européens ne contourneront le continent que vers la fin du 15 ème siècle.

Un des moyens de transport : l’animal. ici cavalier style dogon (16 è Mali)

Les routes commerciales sont principalement intéressantes par les objets présentés ; les échanges portant sur le sel, les perles, l’ivoire, le cuivre, l’or, les plantes et la pharmacopée. Pour le sel Hérodote l’évoque déjà en échange d’or, d’esclaves.

Salière afro-portugaise en ivoire (16 ème siècle Nigeria)

Venant d’Egypte, du monde arabe du 8 au 15 ème siècle, puis de Venise et de Bohême depuis la fin du 15 ème ; les perles, source de prestige dans les parures, intéressent aussi l’Afrique pour leurs vertus magico-religieuses.

L’Asie et l’Europe convoitent l’ivoire africain, 3 ème source d’importation depuis le continent avec l’or et les hommes. En effet, la longueur de la défense de l’éléphant africain est bien supérieure à celle du pachyderme asiatique. L’ivoire sculpté est appréciée dans les cabinets de curiosités européens dès la renaissance.

3 colliers en perles de pâte de verre (entre le 8 et le 10 ème s. Mali)

 

 

 

Les mines de cuivre en Afrique centrale sont exploitées tôt ; les bracelets, les barrettes et les plateaux servant de dotations au mariage. Le trafic d’or est bien connu et avant que ne soit découverte l’Amérique, la plus grande partie de l’or en circulation sur la planète au Moyen Age provenait d’Afrique de l’ouest ; alors qu’aujourd’hui c’est Johannesburg qui a pris le relais.

Rares sont les témoignages écrits des connaissances médicales du continent noir ; le savoir étant seulement oral. Néanmoins, on a constaté dès le 8 ème siècle des cultures de banane, de riz, d’agrumes provenant d’Asie et au 14 ème des exportations de café éthiopien vers l’Arabie. Plus tard seront implantées par les Européens l’ananas, le manioc, le palmier à huile et le cacao.

Plaque de sel servant de jeu (Mali)

L’adoration des mages de Simon Bening, 1 ère moitié du 16 ème siècle

L’exposition n’oublie pas non plus de traiter les routes coloniales, les routes humaines (esclavagisme qui a perduré jusqu’au 19 ème siècle avec la fin de la traite des noirs en 1835 dans les colonies britanniques, en 1848 dans les françaises, en 1880 à Cuba et 1888 au Brésil) et les routes spirituelles avec l’existence d’intercesseurs (devins, sorciers) pour se concilier le monde surnaturel.

L’Afrique des Routes

Mezzanine Ouest

Du 31 janvier au 12 novembre 2017

37 quai Branly

75007 Paris

01 56 61 70 00

www.quaibranly.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

Visuels fournis par le musée du Quai Branly Jacques Chirac

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1 Comment
  • Fabienne L
    Répondre 13 février 2017 at 12:10

    Magnifique les ivoires, bel échange interculturel. Ca change des traditionnels masques…

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