Le château de Puymartin

A l’opposé de ses consoeurs, la forteresse de Puymartin intéresse outre ses vieilles pierres par la richesse de son patrimoine intérieur.

Tout comme les autres bastions, la forteresse de Puymartin située sur un piton rocheux détache ses tours, ses créneaux et ses machicoulis sur un ciel bleu tout en dominant le vallon.

La même famille habite depuis plus de 500 ans le château dont les premières mentions de construction remontent en 1271. Pris par les anglais au début de la guerre de Cent Ans, le château en ruine est rebâti à la fin du XV ème et devient au XVI ème siècle le quartier général des catholiques ; alors que la proche Sarlat est aux mains des protestants.

Vue du sud en hiver

Entre une cour et des fenêtres Renaissance, des tours défensives, le château a subi plusieurs remaniements ; en particulier entre 1880 et 1900 par Léo Drouyn, un élève de Viollet-Leduc, d’où des aménagements intérieurs parfois hétéroclites.

Le château contient de beaux mobiliers

Mais par rapport aux autres châteaux forts, celui-ci présente de nombreux avantages car habité aujourd’hui par les Cheyrade de Montbron une âme règne malgré l’épaisseur des murs et la hauteur de l’escalier à vis de 93 marches.

Château vue de sa partie est en automne

Preuve en est les diverses photos de famille qui rendent le lieu plus vivant et la possibilité de dormir dans l’une des 2 chambres avec lits à baldaquins (150 € / la nuit pour 2 personnes).

Aux murs le charme de tapisseries flamandes et d’Aubusson du XVIII ème siècle aux couleurs bien préservées, du mobilier Régence, un imposant buste en marbre, du mobilier régional en noyer.

Côté ouest la nuit

Un étonnant cabinet de grisailles du XVII ème siècle

La pièce la plus étonnante à voir est le cabinet de mythologie qui a été classé monument historique en 1977. Non ouvert aux visites classiques à cause de son étroitesse, il faut en demander l’accès sur réservation. En aucun cas ne rater cet ensemble de grisailles du XVII ème siècle : il s’agit de peintures en noir et blanc posées sur des boiseries avec du blanc d’oeuf. Ces grisailles ont été exécutées par Philippe Lemaire entre 1650 et 1671 pour le compte du propriétaire de l’époque, l’abbé Henri de La Pleynie.

Le cabinet mythologique aux nombreuses grisailles

Cabinet d’isolement, de méditation ; cette petite pièce, la plus intéressante et inédite du château, conte des épisodes de la mythologie grecque : Argus aux 100 yeux, Bellérophon chevauchant Pégase, sacrifice à Bacchus, La Méduse aux serpents en guise de cheveux, le dieu des vents Eole…… La plupart de ces figures mythologiques traduisent le cheminement du prince vertueux qui surmonte les faiblesses de l’âme humaine et reçoit l’aide de Dieu.

Après la beauté et la douceur des grisailles du XVII ème, joyau rare du Périgord, le château renferme une bien triste aventure ou une légende selon la sensibilité des âmes.

La chambre d’hôte Louis XVI peut être louée pour un séjour au château

La légende de la Dame Blanche

Au XVI ème siècle Thérèse de Saint-Clar est surprise par son époux dans les bras de son amant, un jeune chevalier voisin le beau Renaud de la Roque ; alors qu’il rentre de déplacements liés aux guerres de religion. Le mari trompé et jaloux tua l’amant et la jeune femme fut emprisonnée près de 15 ans dans une petite tour : porte murée, nourriture transmise par une minuscule ouverture, barreaux à la fenêtre, mauvaise paillasse…. Même à sa mort, la pauvre Thérèse ne quitta pas cette pièce ; car Jean de Saint-Clar fit emmurer son corps. Depuis cette époque-là, on dit que Thérèse vient hanter les nuits du château dans une longue tunique blanche : elle se promène dans l’escalier, sur les chemins de ronde. C’est le fantôme de la Dame Blanche mais des visiteurs l’auraient rencontré.

Un escalier à vis de 93 marches mène à la ‘prison’ de Thérèse de Saint-Clar

Quant à la punition imposée par le mari, on peut bien sûr dire « Otempora o mores » : autres temps, autres mœurs !

Un tableau vertueux

Dans la chambre d’honneur étaient reçus les hôtes de marque : lit à colonnes, tapisseries, poutres et cheminée apportaient le faste nécessaire. Mais le plus amusant est le tableau situé au-dessus de la cheminée. Datant de 1671, il représente Danaé recevant la pluie d’or lancée par Zeus. Mais la beauté était dénudée et afin d’éviter de choquer les regards chastes du XIX ème siècle, le corps de Danaé a été habillé et la jeune fille transposée en Marie-Madeleine.

Sur d’autres peintures, on peut aussi remarquer que des sortes de soutiens-gorge recouvrent les poitrines féminines.

La grande salle

Si on peut comparer la vallée de la Dordogne avec ses innombrables châteaux forts, on pourrait dire que le château de Puymartin est la perle noire au cœur du collier de perles blanches !!!

 

Château de Puymartin

24 200 Sarlat

Tél : 05 53 59 29 97

Visites d’avril au 11 novembre

www.sarlat-tourisme.com

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3 Comments
  • Georges LÉVÊQUE
    Répondre 26 juillet 2017 at 14:49

    Puymartin : j’achète. Pour la légende un peu, pour les peintures beaucoup. Et pour être à Sarlat plus souvent !!!

  • bertie
    Répondre 3 août 2017 at 22:58

    bravo pour cet article
    architecture très représentative de l’architecture militaire et un salon de grisaille très intéressant

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