Le Cid

Version édulcorée mais bien jouée de la tragi-comédie de Corneille par la Grenier de Babouchka.

A une époque où la langue française est totalement mise à mal et chamboulée ; quel plaisir, quel bonheur d’entendre les vers de Corneille.

On se délecte à ces seules rimes, on s’émerveille de tant de justesse dans les propos, de tant de beauté dans les sentiments et les oreilles tintent quand tombent des mots comme honneur, patrie, famille, respect et vengeance d’un père. Aux ricanements entendus dans la salle, l’adulte normalement ‘corticalisé’ est en mesure de se demander si la majeure partie du public présent (des collégiens de 4 ème) est elle même en mesure de comprendre ?

Oublions cette tristesse en demi ton et qu’en est il alors de ce Cid adapté donc au public du XXI ème siècle et allégé dans son texte ?

Le chef d’œuvre de Corneille est fort bien mis en scène par Jean Philippe Daguerre. En effet pour faire passer au jeune public la pilule d’un texte improbable à ses yeux (un jeune homme tue le père de sa fiancé afin de venger l’honneur de son père giflé par celui-ci) ; Daguerre ponctue les citations de moments musicaux à la guitare-accordéon-pipeau et théâtralise les dialogues par de belles scènes de combat à l’épée.

Rodrigue et Chimène partagés entre amour et vengeance

Rodrigue et Chimène partagés entre amour et vengeance

Les acteurs font partie de la troupe du Grenier de Babouchka connue pour ses interprétations du répertoire classique (Précieuses Ridicules, Avare, Médecin malgré lui, Bourgeois Gentilhomme, Fourberies de Scapin) et les rôles principaux (Don Fernand et Don Rodrigue) sont en alternance. Lors de ‘ma’ soirée, j’ai vu la belle performance de Kamel Isker en Rodrigue, même si on peut lui reprocher un peu trop d’agressivité ; alors qu’Yves Roux alias don Diègue campe parfaitement son rôle. En revanche, la prestation d’Alexandre Bonstein en roi de la Castille frise le ridicule et est vraiment regrettable.

Un ultime bravo aussi aux costumes savamment orchestrés dans un même colori entre sang et rubis, couleurs de l’amour et de la mort.

 

Théâtre Michel

38 rue des Mathurins

75008 Paris

se renseigner au 01 42 65 35 02 car le spectacle en alternance n’est pas donné tous les jours

23 € pour les adultes, 10 € / enfant

 

 

 

 

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1 Comment
  • guillaume
    Répondre 16 février 2016 at 09:00

    ah non trop chiant Corneille

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