Le livre : du bon usage du jardin Zen d’Erik Borja

Georges Lévèque, professionnel spécialisé dans la photo de jardins, commente le livre de Borja qu’il a personnellement connu en tant qu’homme et par son travail. Vécu et ressenti sur quelques belles « pages jardinières » qui peuvent constituer un beau livre à offrir comme cadeau de Noël.

 

A peine sorti des presses, le livre d’Erik Borja « Du bon usage du jardin zen » s’impose par sa qualité.

La couverture du livre

La couverture du livre

D’abord un grand format (25x29cm), puis des illustrations photographiques excellentes, enfin un superbe texte qui passe en revue quarante années d’une vie au service de l’art des jardins japonais, soit l’âge du jardin personnel d’Erik Borja, situé dans la région de Valence.

 

C’est une histoire merveilleuse qui retrace, pas à pas, les événements qui ont fait de cet étudiant en arts plastiques le meilleur concepteur français de jardin Zen. Son chantier principal, c’est bien sûr son jardin personnel, puisque c’est avec lui qu’il a étudié et mis au point le Zen à la française. Le livre se prolonge avec d’autres jardins que le paysagiste a conçu pour quelques clients admiratifs de cet art.

 

Rien ne destinait Eric Borja à cette merveilleuse réussite. Sa famille quitte l’Algérie en 1962 pour s’installer dans la Drôme. En cette période douloureuse, il est vital pour les exilés de se projeter vers un futur en s’adaptant aussi vite que possible et pouvoir ainsi se construire un nouveau destin. Son père, familier du monde agricole, acquiert un domaine en déshérence dans la Vallée du Rhône pour planter des vergers et un vignoble d’appellation Crozes-Hermitage. Un paysage d’exception se déploie sous les yeux de la famille car le regard embrasse le Vercors d’un côté et les Monts d’Auvergne de l’autre. Erik s’en souviendra !

 

Mais le jeune homme file à Paris pour des études artistiques et des rencontres déterminantes : Yves Klein, Tinguely, Niki de Saint Phalle. Au cours de son premier voyage au Japon, en 1977, il découvre une civilisation où la religion prédomine. Trois semaines dans un Kyoto immensément poétique qui vont donner un nouveau sens à sa vie ! Le Shintô honore la nature comme divinité suprême, cosmologique et spirituelle dont les signes référents imprègnent tous les aspects de la vie quotidienne japonaise.

Ce très beau livre raconte sur presque 200 pages la suite de cette vie hors norme et tout le temps passé à transposer de nouvelles normes à son cadre de vie. Car Erik Borja s’installe quelques années plus tard sur les terres familiales et commence le jardin de ses pensées. C’est cette somme de souvenirs qui est mise en forme, à laquelle s’ajoutent de longues digressions sur comment planter, quoi et pourquoi. Son ami de longue date Paul Maurer a photographié l’évolution du jardin. Photos anciennes et photos récentes s’épaulent pour témoigner du savoir-faire de ce paysagiste si exceptionnel.

 

Parmi les nombreux témoignages et souvenirs qui rendent le livre savoureux, il en est un qui nous fait remonter au début des années 1950. Erik Borja en vacances avec ses parents visite la Bambouseraie d’Anduze qui est loin d’avoir la cote qu’elle a de nos jours. Il garde de l’endroit un souvenir tenace de dépaysement devant cette forêt de bambous où les cépées les plus hautes flirtent avec les dix mètres : « forêt ondulante et bruissante » précise-t-il. Lorsque Muriel Nègre, la propriétaire de la bambouseraie, lui offre de réaliser un jardin d’inspiration japonaise sur l’emplacement d’une pépinière désaffectée, il est rempli d’une joie profonde. Le jardin commencé en 2001 est détruit la même année par une crue dévastatrice, puis remis en chantier l’année suivante. On l’appelle « le Jardin du Dragon ». Le dragon a sa place dans l’imagerie de ce type de jardin et c’est aussi l’anagramme de Gardon, nom de la rivière qui coule au bout de la propriété. Car l’eau a son importance. Ce Jardin du Dragon est fait d’un vaste étang d’où émergent deux îles. Il est entouré d’une colline ondoyante plantée de plusieurs sortes de bambous nains, desquels émergent des érables du Japon, des pins taillés, des cerisiers et des camélias. Un pavillon permet de contempler l’ensemble du site. Il est posé comme un pont sur le chemin d’eau et les milliers de touristes qui visitent la bambouseraie chaque année ont accès à cette remarquable réalisation.

Analyse de Georges Lévêque, le 15 décembre 2014

 

www.editions-ulmer.fr

Du bon usage du Jardin  Zen

parution octobre 2014 prix ttc France 39,90 euros

 

jardin d’Erik Borja à Beaumont-Monteux, Drôme

ouvert toute l’année, matin et après-midi,

voir heures des visites sur www.erikborja.fr

tel : 04 75 07 32 27

 

 

 

 

 

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1 Comment
  • catherine de Bourgoing
    Répondre 16 décembre 2014 at 14:00

    je découvre avec joie il a du talent

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