Le Musée de La Ferronnerie de Rouen

La plus importante collection de ferronnerie ancienne au cœur d’une belle église du début du XV ème désacralisée.

Inédite par sa localisation, riche par son importance et son éclectisme, unique pour les passions de ses deux collectionneurs de la même famille et par la diversité géographique de la provenance des pièces ; la collection de ferronnerie est une des perles de la ville de Besançon.

Heurtoir

A qui doit-on toutes ces pièces ?

A Jean-Louis Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) et à son fils Henri Jean (1854-1925) qui reprend le flambeau de la passion de son père.

Serrure d’armoire aux fleurs de lys, clef à secret (Italie 18 ème siècle)

Peintre à l’origine le premier s’intéressa rapidement à une nouvelle technologie, la photographie, dont il devint l’un des pionniers. Prosper Mérimée lui confie ainsi une de ses campagnes photographiques des monuments historiques. Le Secq est très sensible aux jeux de lumière, d’ombres et de contrastes ; ce qui peut expliquer son attirance pour les pièces de ferronnerie dans lesquelles se faufile la lumière en filigranes et à travers les motifs ajourés.

Vers 1862 débute sa collecte d’objets en fer et il y associe très vite son fils cadet Henri. A la mort de son père en 1882, Henri peu intéressé par ses études de droit puis par son métier de clerc de notaire abandonne cette activité pour se consacrer à la recherche de pièces d’exception en vue d’enrichir la collection paternelle.

Des fers à repasser

Il parcourt brocantes et puces pour trouver des pièces au prix, certes peu élevé à cette époque-là car fort peu de personnes s’y intéressaient. Peu à peu la renommée de la collection grandit, grandit à un point tel qu’elle est présentée en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris. Henri Le Secq n’aura alors de cesse de trouver un lieu pour présenter la collection dans son ensemble.

Ses origines normandes le poussent à se tourner vers la Normandie ; il prête une partie de la collection en 1911 à Rouen, puis propose en 1917 au maire de la ville la cession de sa collection à condition de lui trouver un local et de pouvoir en jouir jusqu’à sa mort.

Brûloir à parfum et panier à oeufs et / ou escargots

En 1921, le musée est officiellement inauguré en l’église St Laurent à la grande joie de Le Secq qui voit ainsi que sa collection « ne périra pas ».

Dans la revue Jardin des arts en juin 1956, on écrira : « habillé de son éternelle jaquette noire tachée abondamment de graisse et dont les boutons tenaient péniblement leur place grâce à des ficelles, coiffé de son ‘cronstadt’ crasseux et toujours porteur de la ‘pouque’, vieux sac dans lequel il entassait ses trouvailles ; il faisait plus figure de clochard que de riche collectionneur d’antiquités ».

Quels chefs d’œuvre sont rassemblés ?

Au total 15 000 pièces de toutes provenances, dont seulement 6 000 sont exposées de nos jours. Tout est représenté hormis les armes et les armures, choix personnel et volontaire des Le Secq.

Serrure d’armoire à dôme à décor rocaille (Allemagne vers 1700)

On trouve force grille, fermoirs, heurtoirs de portes, casse-noix, casse-noisettes, casse-sucre, tire-bouchons, serrures, coffrets, fers à repasser, grilles en tous genres, moulins à café, moules à gaufres, poignées de portes, clés utilitaires ou clés d’ouvrage de maîtrise, loquets, enseignes de boutiques, lutrins, briquets, fermoirs, aiguilles, ciseaux, couteaux, mouchettes, bijoux, instruments de cuisine, ect…..

Les objets proviennent essentiellement de l’hexagone mais l’Italie, l’Allemagne, la Grande Bretagne offrent aussi de beaux spécimens.

Moulins à café

Ce qui prévaut ou le point commun des objets est leur qualité technique et esthétique, leur rareté ou ancienneté. Les Le Secq recherchent le damasquinage le plus précieux, l’incrustation de matières précieuses comme l’ivoire, l’ajourement le plus subtil.

On ne peut que s’émerveiller face à ce gigantesque travail de fourmi de collecte d’objets rares qui ressortent à merveille sur la blancheur crayeuse des pierres de l’église.

Dans l’Au-Delà, les Le Secq père et fils doivent être si heureux de voir aujourd’hui leur collection admirée par tant de monde… et nous ne pouvons que leur dire un immense merci pour cette collection !

Anneaux de portes

Musée de la Ferronnerie – Le Secq Des Tournelles

2 rue Jacques Villon

76 000 Rouen

02 35 88 42 92

Ouvert de 14 à 18 h tous les jours sauf le mardi

www.rouentourisme.com

www.museelesecqdestournelles.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 Comments
  • Jean de M
    Répondre 13 juin 2017 at 23:03

    je connais ce musée ; vraiment étonnant et beau. merci de nous le rappeler

  • Malika
    Répondre 21 juin 2017 at 22:05

    magnifique en effet, ça vaut le détour !!

  • Gaëlle
    Répondre 2 juillet 2017 at 22:18

    Les photos sont magnifiques, merci pour cette belle découverte.

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