Nièvre : plongée aux pays des gueules noires

Saviez-vous qu’entre la Nièvre et l’Allier se trouve la plus grande réserve de charbon d’Europe ? Pendant près de trois siècles, on exploita cet or noir, notamment dans la commune de La Machine. En mémoire de cette activité, elle propose la visite du Puits des Glénons et du musée de la Mine.

Le puits des Glénons et sa galerie de mine

Cette mine a ouvert en 1690 grâce à la fameuse machine d’exploitation d’un ingénieur liégeois. A son âge d’or, elle comportait 80 puits et employait 2000 personnes. La galerie visitable est un ancien site pédagogique relativement peu profond ; on y descend équipé d’une lampe frontale et d’un casque pour éviter de se cogner aux poutres d’étayage parfois très basses (claustrophobes s’abstenir…). Pendant une heure et demie, un guide vous y compte, par le menu, les savoir-faire des mineurs et leurs dures conditions de travail, une visite captivante et pleine d’atmosphère.

Le puits des Glénons : entrée de la galerie

La visite commence par la « salle des pendus », sorte de vestiaire où les mineurs se douchaient (chacun lavait le dos du voisin…) ; ils y rangeaient et faisaient aussi sécher leurs affaires en les suspendant au plafond par des cordes : casques, protège-tibias, lampes, savonnette, boîte à casse-croûte… Puis c’est la salle des Machines où l’on découvre les tonneaux métalliques contenant le charbon et les cages du chevalement, sorte de monte-charge qui permettait aux mineurs de descendre travailler à une profondeur variant entre 90 et 690 mètres. Pour communiquer entre le fond et l’extérieur, on employait des cloches ou un porte-voix suivant un alphabet de signaux qui servait aussi bien aux Français, qu’aux Polonais, aux Italiens ou aux Chinois ayant travaillés sur les lieux.

La Machine, le puits des Glénons

Au fond de la Mine, le travail était rude. La chaleur parfois écrasante (entre 35 et 40 degrés) obligeait les mineurs à être très peu vêtus et à boire jusqu’à huit litres d’eau par jour. C’est ce qui explique, en partie, que les femmes ne soient jamais descendues, se livrant, en surface, au travail non moins pénible du lavage et du triage du minerai. Les enfants de huit à dix ans, eux, rendaient certains service par leur petite taille au fond de la galerie. De même les animaux, en particulier les ânes, dont certains restèrent dix ans sans remonter et devinrent aveugles…

Le fonds de la mine

Le musée de la Mine

Aménagé dans les anciens bureaux administratifs de la compagnie Schneider qui racheta le site en 1868, il est un bon complément à la visite du puits. On y découvre l’histoire du charbon, notamment à travers l’ensemble exceptionnel de minéraux et de fossiles réuni par l’ancien mineur Serge Bonnotte et entré au musée il y a quatre ans.

Vitrine dans le musée : le pain quotidien

Suit une enfilade de salles dédiées à des collections de lampes, de modèles réduits de machines à vapeur et à toutes les photos, maquettes ou objets liés à la vie des mineurs : travail, drames, loisirs… Les nombreuses reconstitutions (bureau du directeur, magasin de réception du petit matériel, hommes et femmes à la tache, intérieurs de maisons…) donnent beaucoup de vie à l’ensemble. On se surprend à s’attarder plus que de coutume…

Mineurs au travail

Musée de la Mine et puits des Glénons, 1 avenue de la République, la Machine. Tél. : 03.86.50.91.08.

La salle dite des pendus ( accrochage des tenues des mineurs)

http://www.mairie-la-machine.fr/le-musee-de-la-mine

 

Informations sur la Nièvre : www.nievre-tourisme.com

 

Texte et photos de Valérie Collet

 

 

 

Share Button
No Comments

Post a Comment