Parfums de Chine au musée Cernuschi de Paris

La culture de l’encens au temps des empereurs en Chine autour d’une petite, mais très intéressante exposition où les sens sont exacerbés.

Avant toute chose, il faut re-situer quelques dates dans les dynasties impériales : Han aux Tang (III ème siècle avant Jésus Christ – IX ème siècle après JC), Song et Yuan (X ème – XIV ème siècle), Ming (XIV ème – XVII ème siècle) et Qing (XVII ème – début XX ème siècle).

Brûle-parfum ajouré, bronze, cuivre et or, dynastie des Qing; musée de Shanghaï

Et force est de constater que ce qui frappe avant toute autre chose est l’omniprésence d’une symbiose entre le parfum et le spirituel. Quelle que soit l’époque, faire brûler de l’encens est indissociable de rites plus ou moins religieux ; le parfum jouant le rôle d’intercesseurs entre humains et divinités. Certes la combustion produit des effluves suffisamment importants pour imprégner les vêtements, chasser les maladies ; mais leurs finalités est le plus souvent d’invoquer les dieux et les esprits.

Brûle-parfum zoomorphe, alliage cuivreux, dynastie des Ming ; musée Shanghaï

Que la religion soit le taoïsme ou le bouddhisme, les bâtonnets d’encens et leur combustion font partie de la culture chinoise et l’exposition n’est qu’une juxtaposition de brûle parfums des différentes époques. Céladon, jade, bronze, porcelaine, cuivre, or : toutes les matières existent pour des purifications qui sont l’apanage de la cour, des lettrés.

Cinq objets destinés à l’autel céramique famille rose, époque Qing ; musée Shanghaï

Au delà des brûle-parfums et de quelques représentations sur soie de ces cérémonies de consumation ; l’olfactif est présent par le travail de recherche de François Demachy, nez de la maison Dior. Des bornes délivrant des recettes anciennes d’encens laissent échapper des vapeurs de clou de girofle, de camphre, d’oliban, de styrax, d’ambre gris, de musc, de patchouli, de bois de santal, de résine de liquidambar, de benjoin, de livèche, de styrax, de bois d’aigle. Autant de matières premières qui ont disparu pour certaines, sont interdites aujourd’hui pour d’autres et que le parfumeur a dû recréer à partir des ‘ingrédients’ en sa possession aujourd’hui. François Demachy a ainsi réinterprété les odeurs anciennes pour nous transporter dans la Chine impériale aux temps traditionnels des cultures des encens, dans les empires des fous de parfums.

Peinture représentant la consumation de l’encens, éventail en soie, dynastie des Yuan ; musée Shanghaï

Parfums de Chine

Musée Cernuschi

7 av. Vélasquez

75 008 Paris

Tél : 01 53 96 21 50

www.cernuschi-paris.fr

ouvert tous les jours de 10 à 18 h sauf les lundis

du 9 mars au 26 août 2018

 

Visuels fournis par le musée et en ouverture d’article « brûle-parfum en jade, porcelaine, four de Jingdezhen. Dynastie des Qing et règne de l’empereur Kangxi (1661 – 1722) ; musée de Shanghaï.

 

 

 

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