Sri Lanka, la terre des saphirs

Frédérique Davezac, gemmologue, courtier en pierres fines et précieuses, créatrice de bijoux, nous livre son expérience quand elle part à la recherche de saphirs au Sri Lanka (ex Ceylan).

 

Quelle est cette terre qui s’étend au bord des flots avec une ligne ininterrompue de forêts de Retakas épanouis, qui abonde, au delà des collines couvertes de théiers, en somptueux saphirs qui font sa gloire ?

La gemmologue sur place avec des Sri Lankais

La gemmologue sur place avec des Sri Lankais

 

A deux heures de Colombo, dans les collines entre Kolonné et Ratnapura et la vallée de Kaluganga, se niche une des régions du monde les plus productrices de gemmes. Son histoire se perd dans les brumes du passé et des légendes. Ne dit-on pas que le roi Salomé courtisa la reine de Saba grâce à un splendide rubis de Ratnapurna ?

 

Des gemmes prisées et multicolores depuis l’Antiquité

Saphirs en vrac

Saphirs en vrac

 

Depuis l’Antiquité, les Saphirs du Sri Lanka sont réputés pour leur taille et leurs belles couleurs : le bleu myosotis avec une pointe de mauve.

 

Les saphirs bleus nés des yeux de Daitya tombèrent dans les eaux des fleuves indiens et se multiplièrent précieusement, nous enseigne un poème.

De nombreuses nuances plus ou moins claires dans le saphir

De nombreuses nuances plus ou moins claires dans le saphir

 

Sappir en hébreu qui veut dire quelque chose de beau. L’appellation a évolué vers sappheiros en grec, puis sapphirum en latin qui signifie bleu.

 

Mais ce sont aussi des variétés de saphirs de couleur que l’on découvre sur place en une sublime palette de couleurs : jaune, orange (dit Padaparasha appellation unique et provenance exclusive du Sri Lanka), rose, mauve, vert ou brun…

Le puits d'extraction et sa toile bâche comme toiture

Le puits d’extraction et sa toile bâche comme toiture

 

Une extraction laborieuse

 

L’extraction des pierres précieuses se fait encore aujourd’hui toujours selon la méthode traditionnelle, à mains d’hommes, sur des filons d’illama, strates de graviers, de sable.

 

Au Sri Lanka, la plupart des mines de saphirs ont été découvertes tout à fait par hasard. Sur les gisements alluvionnaires les hommes creusent et dégagent différentes couches de terre, les gemmes étant enfouies dans des strates plus ou moins profondes.

 

Parfois peu solides, les puits sont néanmoins forés jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur ; puis protégés par une bâche en guise de toit afin d’éviter l’entrée de fortes pluies à l’intérieur du puits.

Les hommes fouillent l'eau

Les hommes fouillent l’eau

Des pompes à moteur pour les puits les plus « techniques » ou des seaux évacuent l’eau qui pénètre dans le filon.

 

Quasiment nus, les hommes pénètrent dans les galeries en ayant de l’eau jusqu’aux cuisses et ils fouillent le fond de l’eau argileux et sablonneux avec des râteaux. Certains évacuent la terre avec les seaux, pendant que d’autres lavent et agitent des graviers pleins de pierres précieuses dans de grandes corbeilles en osier.

 

Pour le gemmologue, c’est un bivouac lent et attentif entre les mines de saphirs et les factories (ateliers de taille du saphir) qu’il faut faire pour trouver et choisir les plus belles pierres sur cette généreuse terre du Sri Lanka.

 

La découverte parfois inattendue de pierres

Il est étonnant lorsque l’on traverse le pays d’entendre des récits tels des mythes et des légendes locales, de nouvelles découvertes de mines de saphirs récemment faites aux alentours.

Ainsi l’histoire de Monsieur Raga, un modeste cultivateur à Kataragama qui vendait son sable pour la construction d’une route.

Dans les paniers d'osier graviers se mêlent aux pierres précieuses

Dans les paniers d’osier graviers se mêlent aux pierres précieuses

La terre retournée et déposée sur la route avait été rincée une nuit par la pluie fine. Le lendemain matin, les enfants ont ramassé sur le bord de la route de jolis cristaux bleus lavés par la pluie.

Ecrit par Frédérique Davezac et ML V

http://www.princess-thai-creation.com/

 

 

 

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2 Comments
  • bertie
    Répondre 1 décembre 2014 at 13:04

    très bon article qui fait rever

  • henri
    Répondre 16 février 2015 at 15:04

    Effectivement, ça fait rêver…

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