Un été à Marquèze

On cherche souvent bien loin le dépaysement et la culture pourtant à portée de main. Si l’Ecomusée de Marquèze dans les Landes se trouve sur votre chemin, n’hésitez pas ! Sur les 25 hectares du parc, il y a matière à se distraire durant une journée. Déjeuner possible dans le restaurant du domaine. Et confier ensuite son sort entre les mains des guides. Chacun a sa spécialité. Et certains soirs de l’été, quand la chaleur s’estompe doucement, musique et spectacle vont tenir éveillé petits et grands jusqu’à minuit passé.

Pascale Postel et Françoise Vincent passent de longues journées sous le soleil de Marquèze, un des plus anciens écomusées de France, créé en 1969 en périphérie du village de Sabres. Les deux sont jardinières et conférencières et Françoise a aussi un peu d’agriculture à son registre. Marquèze, c’est un territoire immense reconstitué à la mode locale des années 1880-1900. Sa gestion est conduite par le Parc naturel régional des Landes de Gascogne. C’est au minium 25 agents en permanence et 60 en été au plus fort de la période touristique. Benoit Fiszpan, responsable de la communication depuis cinq ans, annonce 91.500 visiteurs en 2016. Il reçoit la presse, les élus, les groupes dans  l’ancienne gare de Sabres devenu pavillon d’accueil et parle avec flamme de l’épopée Marquèze. Face à la gare, un immense parking pour voitures à l’ombre de grands arbres. La visite commence bien.

Pascale Postel

Dix minutes de train et l’on change de siècle

Oui ! l’ancienne gare a conservé ses rails pour recevoir quelques wagons « haute époque » qui viennent d’être classés monuments historiques. En une dizaine de minutes, ils véhiculent de l’accueil à l’airial (une prairie à l’herbe rase bordée de grands chênes) les élèves des écoles, enfants des colonies de vacances, les familles, les clubs du troisième âge, vers le coeur du domaine.

Le train est encore en fonction

L’écomusée est une reconstitution d’un quartier (hameau) des années 1900 avec ses maisons, ses fermes, ses granges et tous les éléments qui permettaient de vivre en autarcie. Dès le Second Empire, le visage des Landes change. La vie agricole et pastorale cède la place devant la poussée des pins maritimes qui ont été plantés pour faire du bois bien sûr mais aussi assainir le terrain marécageux sur de vastes surfaces. La collecte de la résine donne naissance à de nouveaux métiers et l’industrie s’empare du marché. Au retour, on reprend le train qui corne pour amuser tout le monde, selon un horaire affiché.

L’industrie de la résine

Une des attractions du parc porte sur la découverte du métier de gemmeur (ou de résineur) avec mise en pratique. Le gemmeur explique qu’il faut attendre que le soleil soit puissant pour intervenir. C’est sa chaleur sur les aiguilles qui active la mise en route des canaux résinifères qui sont à 3 cm sous l’écorce.

Des outils utiles pour l’industrie du bois

D’où un écorçage avec outil spécifique sur la face Est du tronc des arbres assez gros pour produire. Puis pose d’un pot et de petits guides en métal qui vont canaliser la sève. On peut en espérer un demi-litre par pot en un mois. Le passage à la distillerie fait le reste avec production séparée d’essence de térébenthine, liquide et odorante, et la colophane, solide et inodore.

Suivez le guide

Chaque attraction apporte ses connaissances. Au temps où les enfants ont souvent perdu la notion de la réalité des plantes, les explications de Pascale et Françoise sur les légumes, céréales et plantes médicinales et aromatiques sont bienvenues. Un étiquetage visible et bien tenu permet de mémoriser l’orthographe des plantes cultivées : rue, benoite, persil, bétoine, joubarbe, piment, oignon rouge.

L’hoplie bleue

Pascale verse à l’occasion dans l’entomologie : « Regarder ce petit scarabée ! c’est l’hoplie bleue, totalement inoffensif et brillant comme une aigue-marine. »

S’évader pour apprendre

Plus loin, il arrive qu’on rencontre berger, laboureur, meunier, troupeau, avec la saison venue la tonte des moutons. Très souvent, on chauffe le four à bois (même si dans le passé on le chauffait à la brande), on cuit le pain à l’ancienne et on le déguste. Dans la boutique, cadeaux, souvenirs, confitures. Cette évocation des traditions brutalement bousculées par une industrie nouvelle est crédible et bien faite car chaque acteur s’y emploie de son mieux. Les créateurs de Marquèze ont voulu que les visiteurs s’évadent du présent en apprenant des choses du passé.

Françoise Vincent

Spectacle nocturne estival « La lanterne magique »

C’est un voyage dans le temps mêlant poésie et magie. A la tombée de la nuit, les maisons de Marquèze se métamorphosent en de merveilleux tableaux de couleurs. C’est le moment où les habitants de l’ancienne lande revivent,  entrainant les visiteurs au temps des bergers échassiers, des maîtres, des métayers et des conteurs aux histoires fabuleuses. Prochaines représentations les 1, 8, 15, 22 août. Cette création théâtrale nouvelle proposée par la Compagnie du Parler Noir s’appuie sur la mise en lumière du quartier de Marquèze et s’adresse à toute la famille.  De 20h à 22h, la musique gasconne fait résonner ses notes en déambulation. Le spectacle débute à 22h30 et dure environ 2h. On conseille de prévoir une petite laine, car même en été les soirées peuvent être fraîches.

Habitat au toit de chaume

www.marqueze.fr

ouvert tous les jours jusqu’au 5 novembre 2017 avant le repos hivernal

www.tourismelandes.com

Texte & photos Georges Lévêque

Un hôte de l’écomusée

 

 

 

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